La sécurité des femmes est largement ignorée des médias et des politiques publiques. Ce livre révèle les multiples résistances que ce sujet suscite ... Lire la suite
Qui n'a pas entendu dire qu'il était « dangereux » pour une femme de sortir seule le soir ? Si tout le monde semble s'accorder sur une telle réalité, les moyens à mettre en œuvre pour éviter ce genre de « dangers » n'en sont pas moins considérés comme relevant d'une simple question de « bon sens ». À l’heure où la question de la sécurité occupe le devant de la scène, celle des femmes est en effet largement ignorée des médias et rarement prise en compte par les pouvoirs publics : à elles de prendre leurs précautions.
À l’aide d’une approche originale qui confronte les politiques de sécurité aux pratiques et représentations quotidiennes, ce livre souligne les difficultés des politiques publiques à prendre en considération les inégalités entre les sexes. L’étude de la mise en œuvre de contrats locaux de sécurité, à Paris et à Guyancourt, révèle en effet les multiples résistances qu’une telle thématique suscite.
Marylène Lieber met en évidence la prégnance de discriminations présentées comme allant de soi, dans un contexte d’égalitarisme entre hommes et femmes qui n’est que formel. Elle donne également à voir une forme de violences à l’encontre des femmes trop rarement appréhendée, celles se déroulant au cœur des espaces publics.
Introduction
Centres, camps, villages : les catégories de la pratique du regroupement
Les regroupements, des camps de concentration aux villages stratégiques ?
Saisir l'État en action : pour une histoire sociale de la politique de regroupement
PREMIÈRE PARTIE – LE CENTRE DE REGROUPEMENT : GENÈSE D'UN INSTRUMENT DE LA « PACIFICATION » (1954-1957)
Chapitre 1 – Le repli des douars de l’Aurès, prémices de l’histoire des camps de regroupement (1954-1955)
Retour sur le contexte d’une décision : l’Aurès de 1954
L’affaire Ichmoul, de la décision du repli au scandale du bombardement
L’Aurès entre de plain-pied dans la guerre (novembre 1954-mars 1955)
Chapitre 2 – La politique du « contact » : pacification, camps de regroupement et zones interdites dans les Aurès-Nemencha (1955-1957)
La politique du contact, ou les prodromes de la pacification en Algérie
L’invention du couple regroupement/zones interdites dans les Aurès-Nemencha
Des « ralliements volontaires » de l’été 1956 à la première politique de regroupement
Chapitre 3 – L’affirmation d’une politique de regroupement dans toute l’Algérie, entre réformes rurales et guerre contre-révolutionnaire (1956-1957)
Les nouveaux enjeux politiques et militaires de l’affrontement en milieu rural
De Batna à Constantine, la diffusion de la politique de regroupement
L’institutionnalisation de la politique de regroupement à l’échelle algérienne
DEUXIÈME PARTIE – LES MILLE CAMPS DE L’« ALGÉRIE NOUVELLE » : CAUSES, FONCTIONS ET CONSÉQUENCES DU REGROUPEMENT (1957-1959)
Chapitre 4 – Les facteurs et les logiques de la mobilité contrainte : migrations spontanées et déplacements forcés en Algérie
Le mythe épidictique des regroupements volontaires liés à la violence du FLN
Les violences de l’armée française, premier facteur des migrations spontanées
Le regroupement ou le déplacement forcé comme dispositif de contrôle social
Chapitre 5 – Surveiller, organiser et impliquer la population algérienne : le camp de regroupement, instrument d’un pouvoir pastoral
Le camp de regroupement, microcosme social de la guerre d’indépendance
Un espace social à réguler, organiser et contrôler : la population, enjeu du conflit
Les Affaires algériennes, un pouvoir pastoral oscillant entre persuasion et coercition
Chapitre 6 – Du déracinement à la précarité durable : l’émergence du regroupement comme problème économique et social au tournant de l’été 1958
La précarité généralisée, effet indésirable d’un déracinement brutal et massif
La précarité sanitaire, ou l’impossible résorption d’une crise toujours latente
Des regroupements définitifs, entre intention réformatrice et justification de l’action
TROISIÈME PARTIE – LA « BATAILLE DES REGROUPEMENTS », OU LES « NOUVEAUX VILLAGES » DANS LA TOURMENTE DU PLAN CHALLE (1959-1962)
Chapitre 7 – Du scandale des camps à la politique des Mille villages : une timide reprise en main civile de la politique de regroupement (1959-1960)
Scandale, propagande et contre-propagande : à l’origine des Mille villages
Une première reprise en main de la politique des regroupements par Alger
Le regroupement des populations, instrument d’une politique de villagisation
Chapitre 8 – Du plan Challe à la « bataille des regroupements », ou comment Mille villages vient légitimer l’intensification des déplacements forcés (1959-1960)
La reprise progressive des déplacements forcés dans le contexte du plan Challe
La « bataille des regroupements » du général Crépin (mai-décembre 1960)
Le plaidoyer désespéré de l’IGRP pour sa politique de villagisation en Algérie
Chapitre 9 – Consolider, normaliser, dégrouper : les ultimes transformations de la politique de regroupement (1961-1962)
Normaliser et consolider, deux enjeux d’une nouvelle politique : celle du « centre rural »
Le dégroupement, ou le regroupement envisagé à l’aune d’un futur cessez-le-feu
Camps et bidonvilles, les derniers legs de l’État colonial à l’Algérie indépendante
Conclusion
Remerciements
Bibliographie
Sources
Le Monde