À partir de données collectées auprès des sites Ulule, KissKissBankBank et Touscoprod, cet ouvrage interroge les modalités et les effets du financement participatif pour des projets culturels. Il analyse le profil des contributeurs et révèle la corrélation, a priori contre-intuitive à l'ère numérique, entre proximité géographique et contribution. Lire la suite
Si le financement participatif n'est pas nouveau puisque la légende veut que Mozart y eut recours au siècle pour financer un concert, son principe a été largement amplifié par la révolution numérique qui facilite la mise en relation de projets avec une communauté d'internautes. Depuis un peu plus d'une décennie, de nombreux projets artistiques et culturels ont ainsi bénéficié d'un financement de multiples contributeurs et les fonds collectés par ce mode participatif représentent 45 millions d’euros pour la culture fin 2017. Dans le champ culturel, le financement participatif est, de plus, lié aux pratiques d’autoproduction qui ont considérablement progressé en dix ans.
À partir de données collectées auprès des sites Ulule, KissKissBankBank et Touscoprod, les auteurs interrogent les modalités et les effets de ce modèle de financement pour des projets culturels. Ils analysent le profil des contributeurs, pointant le rôle des multi-contributeurs et celui des proches et révèlent la corrélation, a priori contre-intuitive à l'ère numérique, entre proximité géographique et contribution. Ils questionnent, enfin, l'impact de cette forme de financement sur la diversité de l’offre culturelle: se trouve-t-elle augmentée ou modifiée par l'autoproduction, notamment dans le domaine musical et cinématographique ? La foule des anonymes soutient-elle les mêmes projets que les producteurs et diffuseurs professionnels ou le financement participatif contribue-t-il à apporter une plus grande diversité de projets artistiques ?
Cet ouvrage est issu d’un appel à propositions de recherche sur le financement participatif dans les arts, la culture et les médias lancé par le ministère de la Culture (département des études, de la prospective et des statistiques) et le laboratoire d’excellence Industries culturelles et création artistique (LabEx ).
Introduction
Chapitre 1 UN FINANCEMENT CONSTRUIT DE FAÇON EMPIRIQUE
Un encadrement juridique a minima
Un périmètre budgétaire précisé progressivement
Chapitre 2 DES PRINCIPES BUDGÉTAIRES À GÉOMÉTRIE VARIABLE
Un financement marqué par une absence totale d'unité
Des dépenses asynchrones
Une universalité budgétaire mise à mal
Spécialité et sincérité : des principes appliqués très lâchement
Chapitre 3 UN OBJET AVANT TOUT POLITIQUE
La bipolarisation préjudiciable de la Cinquième Commission
À la recherche d'un impossible consensus
Un financement désormais dysfonctionnel
Chapitre 4 LES FINANCES DE L'ONU SONT-ELLES RÉFORMABLES ?
Un système administratif trop souvent paralysé
Axes d’une réforme financière respectueuse des grands équilibres du multilatéralisme onusien
Un « grand soir » financier très hypothétique
Annexe
Annexe 1 : Dispositions pertinentes de la Charte des Nations unies
Annexe 2 : Le système des Nations unies